Lampes de bureau design et fonctionnelles (1)
Pièce à part entière dans la maison, ou simple espace dédié dans une pièce de vie ou de circulation, le bureau acquiert une importance croissante dans la sphère privée, du fait de l’évolution de nos modes de vie. Nous travaillons plus à domicile, que ce soit de manière ponctuelle, dans un cadre de télétravail, ou au titre d’une activité professionnelle indépendante. Par ailleurs, internet a conduit à un transfert d’une partie de notre consommation de loisirs de la télévision, dans le salon, vers un écran d’ordinateur, dans l’espace bureau. Si les technologies sans fil autorisent une nouvelle mobilité dans la maison, un espace de travail dédié, calme et confortable, n’en demeure pas moins essentiel.
Ce premier volet d’un duo d’articles sur le sujet, vous propose donc une première sélection de très belles lampes pour le bureau. Certaines, déjà élevées au rang d’objets cultes, ont traversé les époques. D’autres, au design très contemporain, ou aux lignes résolument futuristes, sont appelées à devenir les classiques de demain. A l’honneur dans cette première partie, quelques créations contemporaines ou rééditions remarquables chez Artemide, Tom Dixon, Foscarini, Flos, Louis Poulsen, DCW, Luxo, et Anglepoise.
La sélection proposée ici a pour ambition de vous apporter quelques éléments de départ dans le choix d’une lampe pour le bureau. Ceux-ci mériteront bien entendu d’être affinés et complétés au regard de vos besoins exacts, de la localisation de l’espace de travail dans la maison ou l’appartement, de sa fréquence et de son mode d’utilisation, chaque modèle évoqué proposant un compromis différent entre ergonomie, confort, efficacité et agrément d’éclairage, et esthétique. Le choix d’un luminaire prend généralement en compte un certain nombre de paramètres incontournables, tels que : efficacité et intensité lumineuse, couleur et chaleur de l’éclairage, directivité et largeur du faisceau lumineux, possibilités d’ajustement et d’orientation de la tête de lampe, dégagement de la zone de travail, émission de chaleur et consommation d’énergie, phénomènes d’éblouissement et de fatigue visuelle, présence d’un écran d’ordinateur …
On retrouve, au fil de ce dossier, trois grandes technologies d’éclairage. Ampoules halogènes basse tension, ampoules ou tubes fluorescents, et diodes électroluminescentes, ou LEDs, sont mis en oeuvre sur la quasi totalité des produits évoqués. Si les éclairages halogènes et fluorescents se sont imposés depuis longtemps, les LEDs sont en plein essort, et constituent la solution du futur. Outre des modèles originaux récents, certains éditeurs proposent ainsi des versions à LEDs de quelques uns de leurs modèles phares, initialement proposés avec un tube fluorescent. Pour illustrer la promesse de cette technologie, prenons l’exemple d’un des produits évoqués dans cet article. Avec quatre-vingt LEDs disposées en double bandeau, chacune développant une puissance de 0,1 Watt, ce sont donc 8 Watts de puissance émise qui vous permettront d’éclairer intensément la surface de travail. Outre leur faible consommation d’énergie, les LEDs ont aussi pour elles une très longue durée de vie. Leur taille réduite et leur polyvalence offre en outre de nouvelles possibilités aux designers.
Artemide
Incontournable sur le secteur de l’éclairage haut-de-gamme, la marque italienne Artemide propose une des offres les plus riches et variées en matière de solutions individuelles à poser, et s’est attaché les services de quelques grands noms du design et de l’architecture.
Le coup de coeur de ce dossier va à Talak, créée en 2005 par Neil Poulton, dont les lignes saisissantes trouveront leur place dans un cadre contemporain minimaliste et raffiné. Le dessin très linéaire, aérien et épuré de cette lampe propose un équilibre improbable qui ne laisse pas indifférent. Le corps de la lampe, en matériau thermoplastique blanc, accueille au choix une source fluorescente ou deux alignements de LEDs. Totalement orientable autour de l’axe de la tige en acier poli chromé qui le supporte à une extrémité, ce bandeau lumineux semble défier les lois de la physique, en s’avançant sur près de quatre-vingt centimètres au dessus de la surface de travail, ainsi totalement libérée et superbement éclairée. Point de magie pourtant, mais simplement un travail ingénieux sur la légèreté et la résistance des matériaux, et sur les principes de répartition des masses, puisque le centre de gravité de l’ensemble est imposé par la lourde base en zamac recouverte de résine blanche, ou par le système d’étau, aussi disponibe. Ajoutant à l’ergonomie impeccable de ce produit, le bandeau lumineux peut, en outre, être postionné à la hauteur qui convient. Talak séduira tout particulièrement les heureux propriétaires d’un Mac, tant la forme, et le choix des matériaux et des couleurs, semble avoir été fait pour eux. Au final, un produit très design et ultra-fonctionnel.
Chez Artemide encore, One Line, dessinée en 2004 par le studio de design Ora Ito, prend aussi le parti-pris de l’épure futuriste. Pourvue d’un corps en aluminium extrudé sur une structure interne en acier, elle ajoute quelques courbes à un dessin tout en linéarité et en horizontalité. Disponible, au choix, en technologie fluorescente ou LED, et en version à poser sur un base ronde, ou à étau, One Line décline également le principe d’un bandeau lumineux qui s’avance sur un plan de travail ainsi totalement dégagé, offrant simplement en moins la liberté de réglage dans la hauteur. Un autre bel objet au design très minimaliste et contemporain.
Le catalogue Artemide propose aussi la célèbre lampe Tizio, créée par Richard Sapper en 1972, et son ingénieux système d’articulation et d’équilibrage par contrepoids, qui permet de positionner et d’orienter avec précision la source lumineuse. Tizio offre un éclairage halogène, novateur lors de sa première édition, ou se décline, aujourd’hui aussi, dans une version à LED. La source halogène est réglable dans deux intensités lumineuses. L’autre caractéristique novatrice de cette lampe fut l’alimentation électrique de la source lumineuse au travers des tiges et de boutons pression, assurant la conduction du courant basse tension.
Chez Artemide encore, vous aimerez encore l’élégance de la série Tolomeo, dessinée en 1987 par Giancarlo Fassina et Michele de Lucchi, avec sa structure en port à faux en aluminium poli, équilibrée par un système de ressorts. Le diffuseur orientable est disponible, au choix, en aluminium anodisé mate, ou en papier parchemin.
Citons enfin, la lampe Itis, par Naoto Fukasawa, aux lignes futuristes et totalement originales, dotée d’un faisceau à LED orientable à souhait. La tige en métal, articulable à ses deux extrémités, se positionne de l’horizontale à la verticale de la base ronde en zamac. L’élégance de la tête, disque en metal peint totalement orientable, est réhaussée par un diffuseur en polycarbonate transparent satiné.
Tom Dixon
A l’instar de Talak ou de One Line chez Artemide, Tom Dixon nous livre sa propre interprétation très linéaire de la lampe de bureau au design moderne et minimaliste, avec Angle Table Light.
Celle-ci, constituée d’un long tube d’aluminium extrudé plié, étire son long bras diffuseur au dessus de la surface de travail, la base plate deportée libérant, ici aussi, l’espace. Le tube fluorescent, logé discrètement dans le bras diffuseur, distille un éclairage directionnel chaud et intense. Un ordinateur portable viendra prendre place sans peine dans la zone éclairée.
Foscarini
Chez Foscarini, nous avons aimé le modèle Twiggy, conçu par Marc Sadler, adaptation à poser du lampadaire de salon du même nom.
Réalisée en matériau composite laqué sur une base de fibre de verre, proposée dans différents coloris, Twiggy déploie sa courbe ample, élégante, et sensuelle au dessus de la surface de travail, qui bénéficie ainsi idéalement de son éclairage halogène chaleureux. D’aspect moins technique que les modèles présentés précédemment, Twiggy pourra être un choix particulièrement judicieux quand l’espace de travail s’intègre dans une pièce de vie ou de circulation.
Louis Poulsen
L’éditeur danois Louis Poulsen, propose à son catalogue quelques très beaux classiques. Citons l’iconique lampe AJ, dessinée en 1957 par l’architecte Arne Jacobsen pour l’hôtel Radisson SAS Royal, à Copenhague. A l’instar de ses célèbres chaises et fauteuils, la forme asymétrique singulière de la tête orientable rend cette lampe reconnaissable immédiatement.
Toujours chez Louis Poulsen, la série PH, créée en 1925 par Poul Henningsen constitue un autre de ces grands classiques. Conçue pour créer un éclairage sans éblouissement, elle se compose d’une série d’abat-jour concentriques et refléchissants, en verre opalisé soufflé, réduisant chacun à leur tour, et de façon homogène et maîtrisée, la quantité de lumière émise.
Flos
Chez Flos, Tab T est une très belle création aux lignes limpides et épurées de Edward Barber et Jay Osgerby, éditée en 2007. Realisée en aluminium moulé sous pression et laqué, elle se caractérise par un tête constituée d’une simple feuille d’aluminium pliée, qui pivote autour d’un axe horizontal pour orienter le flux lumineux. Celui-ci, produit par une ampoule halogène, est diffusé a l’aide d’un réflecteur en porcelaine.
Toujours chez Flos, citons aussi la lampe Kelvin T Adj, conçue en 2003 par Antonio Citterio et Toan Nguyen. Celle-ci est constituée d’un double bras à pantographe en alliage d’aluminium extrudé, et d’une tête orientable. Les designers ont volontairement laissé les détails de construction apparents. La base est en zarmac. Base et bras sont proposés en finition chromée brillante, ou avec un vernis noir brillant. La tête de la lampe est constituée d’une couche externe en polycarbonate transparent ou noir, recouvrant le reflecteur en alliage d’aluminium peint. La technologie d’éclairage est au choix halogène ou fluorescente.
Enfin, parmi les divers réalisations de Philippe Starck pour Flos, impossible d’ignorer la lampe à poser Archimoon, soit en version Archimoon K, créée en 2004, avec son diffuseur en verre et polycarbonate, ou Archimoon Soft, créée en 1998, dont l’abat-jour en tissu plissé, si il est idéal pour un éclairage de chevet, peut aussi constituer une alternative chaleureuse sur un plan de travail. Ici aussi, la structure se compose un double bras en alliage d’aluminium sur une base en zarmac, le tout recouvert d’un vernis gris.
DCW
Si les beaux objets intemporels et chargés d’histoire vous attirent, laissez-vous tenter par une réédition des célèbres lampes Gras, par la société DCW, en particulier la numéro 205, à poser, ou bien la numéro 201, à base étau.
Crédit photo: Cécil Mathieu
Créées en 1922 par Bernard-Albin Gras, les lampes articulées Gras, dépourvues de vis et de soudures, furent initialement destinées aux environnements industriels et aux bureaux d’études, où leur ergonomie, la simplicité et la robustesse à toute épreuve de leur mécanique, firent merveille. Ayant séduit quelques grands architectes, de Le Corbusier à Robert Mallet-Stevens ou Eileen Gray, ainsi que quelques peintres célèbres, tels Georges Braque et Henri Matisse, les lampes Gras ont par la suite pris le chemin des plus beaux intérieurs. L’usage de la fonte d’acier chromée, de l’acier peint, ou de l’aluminium poli confèrent à ces lampes, à l’esthétique fonctionnelle, une technicité et une solidité à l’épreuve du temps. Si les rééditions fidèles de DCW sont accessibles, les modèles originaux de ces lampes sont aujourd’hui l’objet de la passion des collectionneurs.
Crédit photo: Cécil Mathieu
Luxo
Chez Luxo, marque Norvégienne, on trouve une autre icone du design, référencée sous le nom de lampe L-1. Elle fut créée en 1937 par Jac Jacobsen, et devint vite une lampe de référence dans les écoles, les bureaux, et les environnements industriels, ainsi qu’un objet prisé par les architectes et les designers. Elle s’est vendu depuis à plus de 25 millions d’exemplaires. Aujourd’hui, nous connaissons tous son incarnation cinématographique, Luxo Jr, puisqu’elle est devenue la mascote des studios d’animation Pixar. La L-1 bénéficie d’un bras articulé à ressorts, qui lui assure flexibilité et versatilité. Fruit d’une constante évolution au fil des ans, la Luxo historique s’est modernisée et reçoit aujourd’hui une source lumineuse économe en énergie, sous la forme d’une ampoule fluorescente compacte. Elle se pose ou bien se fixe à la surface de travail par un système d’étau.
Anglepoise
Née en 1933 de l’imagination de George Carwardine, la lampe originelle Anglepoise 1227, à structure en aluminium, a indéniablement un air de famille avec la lampe star de chez Luxo. Reposant sur un concept similaire de bras articulé à ressorts, elle met néanmoins en oeuvre une technique brevetée qui lui est propre, et offre une autre interprétation de la lampe d’architecte, au design typique des années 30. Aujourd’hui, Anglepoise a fait évoluer le modèle historique, sous le coup de crayon de Kenneth Grange. Les descendantes de la 1227 se nomment désormais la Type 75, dont le réflecteur en acier brossé a pris une forme plus conique, la Type 1228, variante originale avec son abat-jour coloré en PVC, et la Type 3 en finition chromée et à diffuseur en aluminium.
Le choix de la bonne configuration d’éclairage pour votre bureau requiert une prise en compte attentive de vos habitudes de travail ou de loisirs et des besoins qui en découlent. Comme le démontre cette première sélection de belles lampes, les solutions esthétiques et techniques sont variées, de la lampe futuriste et minimaliste, au classique indémodable, du produit très industriel et technique, à la lampe plus sensuelle.
Si le bureau est une pièce séparée, on portera aussi attention aux conditions d’illumination de l’ensemble de la pièce. En effet, les lampes de bureau, de par leur forme et leur technologie, offrent généralement un éclairage relativement directif, garant de superbes conditions d’illumination de la surface de travail, mais pourront laisser le reste de la piece dans une obscurite oppressante. Un éclairage d’appoint, d’intensité modérée apportera un complément bienvenu pour une ambiance appaisée.
A Grenoble, la marque Foscarini est distribuée par l’excellente boutique Hip La Maison, précédemment évoquée sur ces pages, établie rue Casimir Périer. Les marque italiennes de luminaires, telles qu’Artemide et Flos, sont par ailleurs à l’honneur chez Lumo Design, nouvellement installé boulevard du Maréchal Joffre. Flos est aussi présent à la Maison Cosmopolite, à Meylan, rue des Aiguinards.


















le 13/11/2009 à 14:34
Merci pour cet avis éclairé
le 14/07/2011 à 18:19
J’ai eu l’occasion (la chance) de voir/découvrir une des suspensions de Poulsen dans un hotel dernièrement, c’est magnifique …
J’en ai meme vu une dans un film dont j’ai oublié le nom …
AC