La Cité du Design ouvre ses portes à Saint-Étienne
Saint-Étienne, ville de tradition industrielle au vingtième siècle, est entrée dans le nouveau siècle avec l’ambition d’embrasser la modernité, et de réaffirmer un rôle majeur, qu’elle a toujours eu, en matière de création industrielle et de design. Ce statut, désormais reconnu, de “ville design”, Saint-Étienne le cultive en particulier depuis dix ans, en organisant la Biennale Internationale du Design, dont la plus récente édition s’est tenue en 2008. Événement original et unique, celle-ci attire un large public mêlé de spécialistes et de néophytes, venus observer les tendances de la création, et décrypter et comprendre le rôle et les perspectives du design dans notre société.
Les 3 et 4 Octobres 2009, Saint-Étienne franchit une nouvelle étape de cet essort, avec l’inauguration et l’ouverture au public de la Cité du Design, lieu permanent d’expositions et de colloques, mais aussi d’enseignement, de recherche et d’expérimentation, consacré au design.
A l’issue de plus de trois ans de travaux, le projet des architectes Finn Geipel et Giulia Andi, de l’agence LIN, est devenu réalité sur le site chargé de mémoire de l’ancienne manufacture d’armes de Saint-Étienne. Au coeur du projet, deux réalisations contemporaines, la Tour observatoire et la Platine, s’insèrent au milieux de trois bâtiments réhabilités de l’ancienne manufacture, proposant des salles d’exposition, un auditorium, une médiathèque, et une boutique. Outre la Cité du Design, le site accueille par ailleurs l’École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne (ESADSE), et ses 350 élèves, dans deux des bâtiments réhabilités de la manufacture.
A l’occasion de cette ouverture, les deux institutions, proposent au grand public un programme de visites, de rencontres, et de festivités. Au coeur de l’événement, deux expositions inaugurales vous attendent à la Platine. L’objet du design, sous la direction des Sismo, explore et décrypte les différentes formes du design contemporain, proposant pour celà une sélection de plus de trois cent objets et concepts. L’ambition de cette exposition et de nous permettre d’apprécier la diversité des réponses et perspectives que le design apporte aux enjeux de notre société. La deuxième exposition, Who’s afraid of design, offre un coup de projecteur sur une trentaine d’artistes contemporains et de designers reconnus, tous issus des formations de l’ESADSE. L’exposition entreprend d’expliquer le design, ses codes et ses enjeux. Un parcours guidé est en outre prévu entre la Manufacture d’armes et la Cité du design, et propose un éclairage sur l’architecture des lieux, mêlant désormais tradition et modernité.
L’ouverture de la Cité du Design est la dernière illustration d’un nouvel élan qui anime Saint-Étienne et son agglomération. Ville au passé industriel et minier très riche, Saint-Étienne a longtemps enduré le déclin de ces activités, notamment dans les années soixante-dix. Aujourd’hui, en cultivant sa différence, et en proclamant haut et fort son statut de ville de design et d’innovation, Saint-Étienne réaffirme l’attachement aux arts et à la création qui l’a toujours animée, et jète les bases de son futur en voyant dans la créativité le moteur de son développement économique et culturel. A Saint-Étienne tout particulièrement, le design s’entend dans un sens élargi, où la logique d’esthétisme industriel se double d’une volonté de réponse à une finalité concrète, et d’adoption par les acteurs du bassin stéphanois qui en sont les destinataires, industriels, acteurs professionnels et institutionnels.
Au delà des travaux et des créations de la Cité du Design et de l’École supérieure d’art et design, le dynamisme de Saint-Étienne en matière d’art, de design, et d’architecture, se manifeste sous différentes formes.
Déjà, en 1987, la ville se dotait d’un lieu emblématique à la gloire de l’art et de la modernité. Le Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne, parallélépipède recouvert de carreaux de céramique noire, dessiné par l’architecte Didier Guichart, est aujourd’hui une institution reconnue internationalement. Il habrite une importante collection d’art moderne et contemporain, la seconde après celle du centre Georges Pompidou.
Depuis quelques années, Saint-Étienne connait une nouvelle dynamique sur le plan architectural, avec quelques chantiers d’envergure confiés à de grands cabinets d’architecture. Ainsi, le Zénith offre depuis quelques mois aux Stéphanois son infrastructure de spectacle moderne, dans un bâtiment symbolique et aérien, signé Norman Foster. Cette réalisation était distinguée en Juin de cette année aux prestigieux RIBA Awards. Le renouveau architectural est aussi en cours dans différents quartiers de la ville, comme le quartier des affaires de Châteaucreux, ou celui de la Manufacture Plaine Achille, où d’autres architectes de renom collaborent, tels Fumihiko Maki, Manuelle Gautrand, ou encore Alexandre Chemetoff.
En 2003, Saint-Étienne fut aussi la première ville européenne à décliner le concept Commerce Design, né en 1995 à Montréal, une initiative ayant pour objet de récompenser l’effort des commerçants et artisans pour la qualité du design, intérieur et extérieur, de leurs enseignes, et aussi de distinguer les professionnels du design et l’aménagement de lieux commerciaux. En France, l’idée a depuis séduit les villes de Lyon et Marseille.
En attendant la prochaine édition de la Biennale du Design, en 2010, l’ouverture de la Cité du Design constitue une autre invitation à une escapade culturelle en région Rhône-Alpes, et une occasion de redécouvrir Saint-Étienne, ville de création industrielle et de design.
