Découvrir l’oeuvre d’Alex Katz au musée de Grenoble
Le musée de Grenoble accueille actuellement une séléction importante d’oeuvres d’Alex Katz, figure majeure de la peinture contemporaine américaine, né en 1927, pour ce qui constitue la première rétrospective qui lui est consacrée par un musée français. En coproduction avec le Sara Hildén Art Museum de Tampere (Finlande), et le Museum Kurhaus Kleve (Allemagne), l’exposition grenobloise vous permet de découvrir plus de quarante peintures significatives de l’oeuvre de l’artiste New-Yorkais, très prisé outre-Atlantique, mais encore peu connu en France.
Depuis cinq décennies, l’oeuvre d’Alex Katz développe les thèmes du quotidien, de la banalité, et de la modernité, à travers une série de portraits individuels ou de groupe, ainsi que des paysages et des scènes urbaines. Elle est marquée par l’apparition récurrente de son épouse, Ada, et par la représentation d’un univers de gens aisés, dont l’apparent détachement et la mélancolie palpable nous interpellent.
Fashion 2, AlexKatz, 2008 – Huile sur toile, 243,8 x 304,8 cm Galerie Thaddaeus Ropac, Paris/Salzburg
La peinture d’Alex Katz, résolument figurative, fut en rupture avec le courant expressionniste abstrait qui prévalait au début de sa carrière. Elle se caractérise par un graphisme lisse et sans effets, par un minimalisme autant dans la forme, dans la composition des plans, que dans la palette de couleurs mises en oeuvre. L’influence de la photographie, du cinéma, ou de la publicité constitue une autre caractéristique forte de l’oeuvre. On ne peut s’empêcher d’évoquer l’esthétique très bande-dessinée de certains portraits, renforcée souvent en cela par les choix de cadrage et le traitement hors échelle des visages. Celle-ci est aussi évidente dans certaines compositions de portraits découpés, exposées à Grenoble. Les influences évoquées ci-dessus ont valu à l’artiste d’être associé au mouvement Pop Art, au début des années soixante. Il eut soin cependant de ne pas se laisser ainsi enfermer, et d’affirmer un univers plus personnel, voire à contre-courant. Si on veut faire un parallèle, l’oeuvre d’Alex Katz, empreinte de mélancolie, est plutôt évocatrice de celle d’Edward Hopper.
Les Grenoblois et habitants de la vallée du Grésivaudan ont le privilège de pouvoir découvrir l’oeuvre singulière et majeure d’Alex Katz, du 4 Juillet au 27 Septembre 2009 au musée de Grenoble. L’actualité estivale du musée est particulièrement riche cette année, puisque deux autres expositions temporaires sont en cours, aux mêmes dates, l’une consacrée au jeune peintre Gregory Forstner, l’autre à Duncan Wylie.
L’Hôtesse de l’air 17, 2007 – Huile sur toile, 162 x 130 cm © Gregory Forstner
Duncan Wylie fut le coup de coeur de notre visite. Originaire du Zimbabwe, ce jeune peintre, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2000, développe depuis quelques années un travail original et remarquable autour de la thématique des architectures et des ruines. L’artiste dépeint en effet un univers de bâtiments en déconstruction. Derrière l’apparente désolation des scènes de destruction et de chaos, vides de toute présence humaine, le visiteur perçoit pourtant une forme d’optimisme, peut-être évocatrice des forces constructives de l’art. L’artiste joue pour cela habilement entre figuration et abstraction. Ainsi, les murs éventrés, les dalles défoncées, et les toitures effondrées, révèlent une beauté insoupçonnée, réhaussée des choix chromatiques exhubérants, riches de bleus, de verts, et d’orangés. Les reflets surprenants des bâtiments qui sombrent dans les eaux, semblent, eux aussi, nous inviter à une seconde lecture de la scène.
La peinture à l’huile de Duncan Wylie est de toute beauté. La composition des scènes est servie par une technique picturale brillante, et le travail chromatique souligne à merveille le message d’espoir que l’artiste semble vouloir nous envoyer.
Duncan Wylie, est à découvrir aux côtés d’Alex Katz et de Gregory Forstner jusqu’au 27 Septembre 2009. On pourra se familiariser un peu mieux avec le travail de ce jeune artiste en parcourant le catalogue de l’exposition : Duncan Wylie Open House.